En août 2026, les ingénieur·es de l’agriculture et de l’environnement (IAE) ont reçu versement du Complément Indemnitaire Annuel (CIA) pour l’année 2025. À cette occasion, ils et elles ont eu la désagréable surprise de constater que le montant qui leur a été versé était très largement réduit par rapport aux années précédentes.
Depuis le passage des IAE au RIFSEEP RIFSEEP Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel , les notes de service successives prévoient que l’enveloppe de CIA des agent·es affecté·es dans l’enseignement (soit un apport de 1 750 €/an/agent) soit réduite de 50 % par rapport à celle de leurs homologues en service déconcentré. Nous dénonçons depuis l’origine cette règle de gestion cynique et décidée unilatéralement. Jusqu’à cette année, elle n’avait été appliquée que très inégalement, et rarement, dans les EPL EPL Établissement Public Local ; nous pensions même, sincèrement et naïvement, il faut l’admettre, que le fait d’avoir dénoncé cette mesure inique avait été entendue et que l’abattement de 50 % avait été gelé. Il n’en est rien : cette année, la réduction a bien été appliquée, et les collègues concerné·es en ont fait l’amère découverte à la fin de l’été, sur la paie d’août, avec un versement de CIA de 875 € dans la plupart des cas.
Cette disposition marque le profond mépris de notre administration pour la mission d’enseignement exercée par les ingénieur·es et de fait cela ne peut que dissuader les collègues de poursuivre leur carrière sur ce type de poste. Face à ce mauvais traitement fait à nos collègues IAE, le SNETAP-FSU FSU Fédération Syndicale Unitaire renouvelle son soutien à la pleine reconnaissance de la place des ingénieur·es au sein des équipes enseignantes des lycées agricoles publics. Par leurs compétences scientifiques, techniques et leur capacité à appréhender les systèmes vivants dans leur complexité, les ingénieur·es contribuent pleinement à la formation des jeunes et contribuent à construire l’appropriation des démarches d’approche globale. Leur expertise trouve également toute sa place dans les projets pédagogiques, les démarches de développement et les partenariats associant les EPL aux acteurs des territoires. Dans un contexte marqué par l’accélération des transitions face aux aléas climatiques et par les incertitudes économiques, leur contribution est essentielle pour permettre aux élèves et étudiant·es de comprendre les transformations à l’œuvre et de développer les compétences nécessaires pour y répondre.
Cette reconnaissance des missions d’enseignement doit également s’inscrire pleinement dans les parcours et les perspectives de carrière des ingénieur·es. Rappelons que, pour les IAE, il s’agit là d’une énième marque de la maltraitance dont ils et elles font l’objet : privé·es du droit au paiement de leurs heures supplémentaires, non rémunérées, et donc relevant du bénévolat en deçà de deux heures, ils et elles sont les grand·es maltraité·es d’un système indemnitaire déjà profondément injuste pour l’ensemble des agent·es de la fonction publique qui se voient appliquer le RIFSEEP.
Le SNETAP-FSU continuera à défendre l’existence de postes d’ingénieur·es dans les EPL, qui concourent à la richesse des formations et contribuent aux missions de l’enseignement agricole public. Il soutiendra toutes et tous les collègues qui souhaiteront engager une procédure de recours administratif à la suite de la notification du montant de leur CIA, aussi symbolique soit-elle. Enfin, il appelle à nouveau la DGER DGER Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche et le SRH à sortir de leur posture de mépris et à travailler concrètement sur la carrière des IAE qui font le choix de l’enseignement, notamment en programmant des groupes de travail car il n’est plus possible de refuser d’aborder cette question, alors que les personnels l’enseignement agricole représente plus des deux tiers des personnels de notre ministère il conviendrait que cette donnée ne soit pas oubliée.

