Suite à la promulgation, le 24 août dernier, de la loi interdisant le portable dans nos EPL EPL Établissement Public Local , est sortie une note de service le 25 août 2026 pour la mise en place de cette interdiction dans les lycées et les CFA CFA Centre de Formation d’Apprentis .
Une décision politique “venue d’en haut” !
Pour l’Élan commun, au-delà des considérations politiques qui ont prévalu à l’adoption de cette loi, cette décision politique prise en urgence en pleine pré-rentrée est aussi clairement un signe de mépris des personnels :
- mépris pour la communauté éducative dans son entièreté en lui infligeant un tel travail supplémentaire dans un laps de temps ultra-resserré et sans considération d’autres priorités … pédagogiques par exemple, voire sociales pour organiser l’accueil de jeunes qui, pour un certain nombre, sont certainement marqué·es par l’été caniculaire que nous avons vécu et de ses conséquences dans les exploitations agricoles familiales … !
- mépris pour les personnels d’enseignement à qui on propose depuis des années des manuels scolaires du ministère remplis de QR-codes pour travailler en cours sur des documents en ligne avec le téléphone des jeunes donc … ; si l’exception pédagogique était explicite dans le texte législatif qui concernait les collègues, elle disparaît de la nouvelle rédaction de la loi … pouvant être - ou pas - possible, au bon vouloir !
- mépris pour les personnels de Vie Scolaire qui risquent de se voir attribuer une mission de « gendarmes du téléphone » au mépris de leur mission d’accompagnement, d’aide et au risque d’une dégradation forte des relations avec les jeunes … rappelant l’époque compliquée de la chasse « aux masques mal ajustés ... »
Et maintenant ?
Dès le 24 août, l’Élan commun, reçu en audience bilatérale, a abordé ce sujet avec le DGER DGER Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche qui a partiellement entendu les positions que nous avons portées.
Si la loi doit effectivement se mettre en place, elle doit le faire de manière « concertée » avec un important travail préalable de concertation… et donc l’interdiction ne pourra être effective qu’« après le premier conseil d’administration actant la modification du règlement intérieur : mise en place de l’interdiction du téléphone portable selon les modalités retenues » (nds, page 5).
Pour l’Élan commun, la mise en place devrait être effective au mieux, à compter de l’année civile 2027 permettant un temps de concertation, de sensibilisation et de formation des jeunes ! Toute précipitation est inutile.
Comme l’indique la note de service, cette mise en place qui s’impose doit être préparée mais pas réalisée dans l’urgence. Les directions doivent donc organiser un véritable travail, d’une part d’information mais aussi de concertation en amont pour en fixer les principes, les modalités et les exceptions de lieux, de temps, etc. :
_ « Début septembre 2026 : information systématique des apprenants et des familles (ex. : courriers, réunions, affichage). Des précisions sont données quant à la date du conseil d’administration, instance qui actera la modification du règlement intérieur.
Jusqu’au premier conseil d’administration : travail avec les parties prenantes et définition des modalités de mise en œuvre et partage au sein des instances ».
Bref, il faut du temps pour bien mesurer les incidences d’une telle décision politique autoritaire totalement déconnectée et complètement impensée pour sa mise en œuvre par celles et ceux chargé·es de son application …alors que le sujet de la protection des jeunes, de leurs usages des écrans, en terme de santé publique, de citoyenneté méritait certainement mieux !

