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LA CONTINUITÉ PÉDAGOGIQUE, CE N’EST PAS ENSEIGNER À DISTANCE !

jeudi 8 avril 2021

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CONTINUITÉ PÉDAGOGIQUE : COMMENT LA DÉFINIR ?

Pour le SNETAP-FSU FSU Fédération Syndicale Unitaire , le distanciel ne peut et ne pourra jamais remplacer le travail d’un.e enseignant.e dans sa classe avec ses élèves. Le distanciel peut permettre de garder un lien élève/enseignant·e, au mieux, mais c’est tout. D’ailleurs, pendant le confinement, le distanciel a clairement été un facteur d’aggravation des inégalités sociales.

Les recommandations de notre inspection pédagogique sont d’ailleurs très claires : Dans la situation exceptionnelle que nous vivons aujourd’hui, l’essentiel est de maintenir un lien pédagogique et éducatif avec tous les apprenants, et notamment les plus fragiles afin de maintenir l’ancrochage. La continuité pédagogique est destinée à s’assurer que les apprenant·es poursuivent des activités scolaires leur permettant de renforcer les acquis déjà développés depuis le début de l’année (consolidation, enrichissements, exercices…) et de poursuivre l’acquisition de nouvelles capacités lorsque les conditions s’y prêtent1.

Et pour cause ! L’enseignement à distance, statutairement et réglementairement, n’existe pas2. La mission principale d’un PLPA PLPA Professeur de Lycée Professionnel Agricole /PCEA PCEA Professeur Certifié de L’Enseignement Agricole /ACEN ACEN Agent Contractuel des établissements d’Enseignement, à gestion Nationale est d’exercer devant les élèves. Cela est matérialisé par la fiche de service, répartie hebdomadairement dans un emploi du temps.

Par conséquent, si le service d’enseignement devant élève ne peut être assuré. Le recours à un dispositif numérique comme la visioconférence, y compris pour des élèves « surveilllés » en établissement, ne peut donc constituer une obligation de service liée à l’emploi du temps habituel : elle relève de la liberté pédagogique de chaque enseignant.e.

LIBERTÉ PÉDAGOGIQUE

Les personnels restent maîtres des modalités du suivi des élèves et ne peuvent se voir imposer le recours à la visio, ou tout autre outil numérique d’ailleurs. La liberté pédagogique reste la règle même dans les circonstances exceptionnelles actuelles, et elle concerne aussi le choix des outils numériques.

OUTILS NUMÉRIQUES

Nous sommes tentés d’utiliser d’autres plateformes de travail à distance, la plupart émanant d’entreprises privées. Or, depuis l’entrée en vigueur du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), la gestion des données personnelles est soumise à un cadre très strict. En outre, nous ignorons ce que ces entreprises - qui ont un objectif commercial - font de ces données. C’est pourquoi nous recommandons de ne pas exposer les données de nos élèves. Les groupes WhatsApp, Discord, Facebook etc., ne présentent pas les garanties de l’ENT de ce point de vue. Communiquer avec les élèves en-dehors de l’ENT sans l’accord écrit des responsables légaux est tout simplement interdit, quel qu’en soit le moyen.
Enfin, le fonctionnement de l’ENT relève de la responsabilité de l’employeur. Lorsqu’il vient à dysfonctionner, les enseignant·es n’en sont pour rien responsables. D’autant qu’elles/ils utilisent bien souvent leur ordinateur personnel et une connexion internet personnelle financés par leurs propres moyens...

APPLIQUER L’EMPLOI DU TEMPS COMME EN EN Éducation nationale PRÉSENTIEL ?

Les professeur.es organisent la continuité pédagogique comme elles/ils le souhaitent : ils·elles sont les mieux placé.es pour connaître les besoins de leurs classes, de leurs élèves et le rythme de travail à suivre. L’emploi du temps hebdomadaire encadre le service d’enseignement en présentiel mais n’organise pas l’enseignement à distance. La continuité pédagogique menée dans le cadre d’une mesure de confinement ne peut correspondre heure par heure à celle en présentiel, d’autant que la visio ne saurait être la modalité exclusive et obligatoire d’enseignement à distance.

Rappelons que le renseignement du cahier de texte numérique - document juridiquement opposable - suffit à rendre compte de son activité professionnelle : aucun « plan » ou « bilan de continuité pédagogique » n’est à remettre au chef de service.

PROFESSEUR.E PRINCIPAL.E : QUELLE COORDINATION ?

Attention aux abus : il n’y a aucune obligation à appeler les familles sur ordre de la direction. Chaque professeur.e principal.e organise librement le lien avec l’équipe pédagogique et avec les familles à mener.

ENSEIGNANT.ES DITS VULNÉRABLES : LE « TÉLÉTRAVAIL » N’EXISTE PAS !

Le télétravail dans la fonction publique est une forme d’organisation du travail régit par un décret qui exige notamment de l’employeur de financer des moyens matériels à l’agent.e. Cette organisation ne s’applique pas aux enseignant.es. : le télétravail est donc un abus de langage dangereux, qui laisse entendre que les professeur.es pourraient voir leurs missions en établissement totalement dématérialisées.
Aussi, le SNETAP-FSU conseille à tout.e enseignant.e diagnostiqué.e comme personnel vulnérable, d’exiger d’être placé.e en Autorisation Spéciale d’Absence. Il continue à se battre dans les instances afin que les enseignant.es qui vivent avec une personne vulnérable puissent également en bénéficier.

1Note de service DGER DGER Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche /SDEDC/2020-239 10/04/2020.
2Cela n’est pas présent dans les décrets qui régissent le statut des PCEA (décret n°92-778 du 3 août 1992) et PLPA : décret n°90-90 du 24 janvier 1990).