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BAC PRO CGEH, BAC PRO LCQ : deux chantiers de rénovation de diplôme en cours

mercredi 18 mars 2026

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En février dernier, l’Intersyndicale de l’Enseignement Agricole Public (Élan Commun, FO FO Force ouvrière EA) a porté à l’attention de la Conseillère technique à l’Enseignement Agricole et de la DGER DGER Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche ses plus vives inquiétudes concernant les évolutions (dérives ?) du diplôme du Baccalauréat professionnel dans l’Enseignement Agricole Public.

Pas d’audience malgré notre demande mais un retour écrit ...

Madame la Co-secrétaire générale du SNETAP-FSU FSU Fédération Syndicale Unitaire ,
Monsieur le Secrétaire général de FO FO Force ouvrière Enseignement Agricole,

Par le courrier en date du 16 février 2026, vous attirez mon attention sur trois chantiers rénovation de diplôme en cours.

1/ Réforme du baccalauréat professionnel spécialité « Conduite et Gestion de l’Entreprise Hippique (CGEH) »

Vous évoquez le projet de réforme du baccalauréat professionnel spécialité « Conduite et Gestion de l’Entreprise Hippique (CGEH) » dont le libellé pourrait évoluer en « Conduite d’Activités Hippiques ». Ce libellé provisoire a été soumis en groupe de travail, en cohérence avec les nouvelles compétences, et, sera soumis aux professionnels qui seront décisionnaires au cours de la Commission Professionnelle Consultative du 26 mars prochain. L’évolution du positionnement du diplôme est en adéquation avec les demandes des professionnels du secteur, remontées via les études et les enquêtes conduites avec l’appui du Conseil de l’Emploi et de la Formation, émanation de l’institut français du cheval et de l’équitation (IFCE).

Vous soulevez la place future de la zootechnie et de l’économie-gestion au sein de ce diplôme. Le diplôme est repositionné sur une logique de formation aux secteurs des courses et sports-loisirs, qui représente plus de 80% du marché de l’emploi dans la filière équine, et non dans une perspective d’élevage. Par ailleurs, l’économie-gestion est bien présente, même si elle n’apparaît pas en pilotage stratégique de l’entreprise comme pour l’ancien CGEH. Ce diplôme pose les bases d’un premier socle managérial d’entrée dans la filière dans la perspective de construction d’un parcours de formation avec une potentielle poursuite d’études.

Le projet de grille sera soumis, comme habituellement, au cours du groupe de travail issu du CNEA CNEA Conseil national de l’enseignement agricole positionné après chaque CPC pour les diplômes modulaires, et qui permet d’ajuster les grilles horaires au regard des blocs de compétences tels que validés par les professionnels en CPC. Ce groupe de travail est positionné le 7 mai 2026.

2/ Réforme du baccalauréat professionnel spécialité « Laboratoire, contrôle, qualité »

Les spécialités de baccalauréat professionnel "Laboratoire Contrôle Qualité (LCQ)", relevant du ministère de l’agriculture, et "Production en Industries Pharmaceutiques, Alimentaires et Cosmétiques (PIPAC)", relevant de l’éducation nationale, concernent aujourd’hui environ 50 établissements agricoles et près de 2000 élèves et apprentis accueillis sur le cycle du baccalauréat professionnel en trois ans. Ce cycle est structuré de la manière suivante : une classe de seconde professionnelle libellée Alimentation bio-industries et laboratoire (ABIL) qui s’intègre ensuite dans le cursus trois ans des bac pro LCQ ou PIPAC.

Dans l’enseignement agricole, en cycle terminal, plus d’une centaine de classes à double tête bac pro LCQ et PIPAC ont été mises en place. Cette actuelle organisation engendre des difficultés qui découlent des rénovations récentes des bac pro relevant de l’enseignement agricole et des évolutions pour ceux relevant de l’éducation nationale :

  • Organisationnelles (emplois du temps incompatibles avec des grilles horaires divergentes et une organisation sur le cycle terminal différentiée),
  • Pédagogiques et évaluatives (tronc commun géré différemment selon les référentiels avec approche capacitaire non intégrée dans le PIPAC, évaluations incompatibles pour les disciplines générales).

Afin de renforcer la lisibilité des parcours pour les élèves et leurs familles, et pour améliorer les conditions de formation et de gestion des établissements, il a été décidé, en plein accord aveс l’éducation nationale, de rénover et repositionner le bac pro LCQ en ouvrant son champ d’application aux secteurs pharmaceutique et cosmétique, en complément du secteur agroalimentaire.

Ce nouveau bac pro, dont l’intitulé (non encore établi) recouvrira les trois secteurs, permettra aux apprenants d’acquérir des compétences en production et en contrôle qualité. Cette nouvelle offre de formation permettra aux établissements de se positionner soit sur un parcours "agroalimentaire", soit sur un parcours "pharmaceutique et cosmétique", voire les deux ; le parcours "pharmaceutique et cosmétique" pouvant s’appuyer largement sur les laboratoires scientifiques des établissements.

Il s’agit, par ce projet :

  • De répondre aux enjeux des politiques publiques agricoles, notamment en lien sur la nécessité de répondre aux besoins des professionnels dans le secteur des industries de l’agroalimentaire ;
  • De consolider l’attractivité de l’offre de formation en intégrant les supports de la pharmaceutique et de la cosmétique ;
  • D’assurer une poursuite d’études en BTSA BTSA Brevet de Technicien Supérieur Agricole BIOQUALIM ou ANABIOTEC et une articulation avec le Bachelor agro ;
  • De s’inscrire pleinement dans la logique désormais reconnue des bacs pros rénovés de l’enseignement agricole, avec notamment une formation axée sur une approche pragmatique et une mise en avant des compétences psycho-sociales, qui favorisent la réussite scolaire et une insertion professionnelle réussie ;
  • De permettre aux établissements d’enseignement agricole une approche et une valorisation adaptée au contexte local.

Il me semble que ces éléments sont de nature à répondre aux remarques que vous pointez dans votre courrier.

L’inspection de l’enseignement agricole est en cours de finalisation des travaux en se fondant sur les éléments énoncés ci-dessus. Le projet de référentiel sera communiqué avant l’été 2026. Sur la base de ce projet, le processus classique de concertation sera organisé.