Ce jeudi 29 janvier 2026 avait lieu un nouveau groupe de travail issu du CNEA CNEA Conseil national de l’enseignement agricole concernant la réforme de l’épreuve de contrôle du Bac Pro.
Nous ne reviendrons pas sur les nombreux débats (ils sont présentés ici) qui ont amené à ce projet inscrit à l’ordre du jour du CNEA en décembre 2025 et retiré à la demande de la grande majorité des organisations syndicales. Il était en effet très différent de celui présenté lors du dernier groupe de travail d’octobre 2025…
Mais pour l’Élan Commun le problème majeur est un problème de fond… ce qui nous a été présenté dans ce groupe de travail n’est pas une épreuve de contrôle !
- Ce projet n’est pas une épreuve de contrôle car selon nous, il ne suit pas le Code de l’éducation.
Ainsi, le Code de l’éducation précise bien que l’épreuve de contrôle du BAC (EN EN Éducation nationale ou Agri) est “une épreuve orale qui porte sur des connaissances et compétences générales et professionnelles” (Art D337-69 https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049730440)
- Ce projet n’est pas une épreuve de contrôle car selon nous, c’est une nouvelle épreuve à préparer - Quand ? : le délai entre les résultats du 1er groupe et l’épreuve de contrôle est de moins d’une semaine, en période d’examens lorsque les enseignant·es ne sont pas toujours disponibles. Quoi ? : Il est ainsi évalué la capacité du/ de la candidat·e à mettre en œuvre une démarche d’investigation qui est une nouvelle compétence (que les équipes mettent en place en 2 ans en STAV) et qui suppose de de nouvelles capacités ex. investigation “ L’épreuve de contrôle n’est pas l’occasion d’une vérification des connaissances mais une évaluation de la cohérence de la réflexion du candidat, de sa capacité d’investigation et d’engagement.”
- Ce projet n’est pas une épreuve de contrôle car selon nous, les capacités vérifiées dans ce projet l’ont déjà été ! En effet, le·la candidat·e ajourné.e, a qui on demande de présenter “une expérience professionnelle vécue lors de la formation”, a déjà prouvé qu’il/elle maîtrisait les capacités professionnelles par sa note de 10 (moyenne pondérée) dans les épreuves E5, E6 et E7.
- Ce projet n’est pas une épreuve de contrôle car les capacités non validées (puisque le/la candidat·e se présente à cette épreuve du 2nd groupe) notamment en sciences ou humanités ne le seront pas. Par exemple : B1 : Construire son raisonnement autour des enjeux du monde actuel C1.1- Interpréter des faits en s’appuyant sur une démarche scientifique C1.2- Étudier un phénomène social ou professionnel à l’aide de données notamment en nombre. C1.3- Exploiter la modélisation d’un phénomène B2 : Débattre à l’ère de la mondialisation C2.1- Analyser l’information C2.2- Élaborer une pensée construite C2.3- Formuler un point de vue argumenté et nuancé.
- Ce projet n’est pas une épreuve de contrôle car selon les termes mêmes de la DGER DGER Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche , c’est finalement une épreuve de “maturité”, “d’explicitation”, “de montée en gamme” qui s’inscrit dans une “logique de curriculum”. Pour l’Élan Commun, l’esprit du projet est hors-sol, déconnecté des objectifs de la formation des futur·es professionnel·les/citoyen·nes que nous formons. Si on n’oublie pas que les candidat·es présent·es au 2ème groupe sont les plus fragiles, comment comprendre les termes “Capacité à présenter les incidences des transitions, des évolutions des métiers et des innovations sur les orientations du projet” ; “mobiliser les ressources acquises” ou “l’expression devra être claire, argumentée et structurée et le candidat devra montrer sa compréhension de l’existence d’enjeux multiples nécessitant de trouver un équilibre”
- Ce projet n’est pas une épreuve de contrôle car, au regard de la grille d’évaluation, c’est clairement le projet professionnel de l’élève qui est interrogé, évalué. Que dire des candidat·es dont le projet professionnel est peu développé ou qui, au cours de leur formation ont complètement changé d’avis et souhaitent poursuivre dans une autre filière ou dans un autrechamp professionnel ? Un entretien d’embauche, un curriculum, tels que proposés, n’ont pas à faire dans une épreuve d’examen.
- Ce projet n’est pas une épreuve de contrôle car c’est une épreuve, selon nous, inéquitable.
En effet, pour ce qui est de la 2ème expérience, selon qu’ils/elles auront ou pas une expérience de mobilité internationale, un projet mené en éducation socioculturelle, un projet autour des valeurs de la République, un engagement associatif, un engagement sportif.. Ainsi un·e jeune qui se serait déjà présenté·e à cette épreuve facultative, pourrait présenter la même épreuve et de fait être avantagé·e par rapport à celle ou celui qui la présente pour la première fois. Une rupture d’égalité est ainsi créée.
CE QUE NOUS PORTONS… Une épreuve qui doit évoluer
Dans son organisation :
- revoir le calendrier de l’épreuve
- revoir le coefficient de l’épreuve de contrôle
- 2 épreuves distinctes, avec des grilles d’évaluation distinctes
- créer une banque régionale de sujets pour chaque discipline
Faire évoluer la sous-épreuve générale :
- proposer le choix entre disciplines de cette sous-épreuve
- faire évoluer la grille et la durée de l’épreuve
Faire évoluer la sous-épreuve professionnelle, une épreuve importante et nécessaire :
- proposer une problématique professionnelle tirée au sort parmi une banque de sujets sur un ou plusieurs MP (modules professionnels)
- cette problématique professionnelle devra permettre au·à la candidat·e de témoigner de sa compréhension des transitions économiques, environnementales et sociales qui concernent la filière professionnelle dans laquelle i·elle a étudié.
L’Élan Commun considère que les personnels des équipes de BAC PRO qu’ils représentent doivent être entendus !


Bac Pro : Nous voulons une épreuve de Contrôle !