Si l’exposition aux produits Cancérigènes Mutagènes Reprotoxiques (CMR) concerne les enseignant·es et les élèves dans les salles de TP de science, les personnels de laboratoire subissent une sur-exposition consécutive à leurs missions. Citons quelques produits comme l’acide borique, le permanganate de potassium, le cristal violet, le chloramphénicol ou certains colorants utilisés en biologie. Des agents chimiques dangereux, classés « risque avéré ou présumé d’effet grave pour les organes (cœur, cerveau, thyroïde, foie, rein, système nerveux) » sont également utilisés.
Pourquoi exposer nos élèves aux CMR alors que les travaux dangereux sont interdits aux mineur·es !
Les résultats étaient édifiants :
→ 93 % des répondant·es utilisent des produits dangereux ou nocifs et 14,5 % des répondant·es estiment qu’elles ou ils ne sont pas suffisamment protégé·es.
→ 72 % des répondant·es utilisent des produits CMR. Parmi ces répondant·es, 85 % indiquent que les élèves utilisent des produits dangereux.
retrouvez toutes les conclusions de notre enquête : Personnels de laboratoire êtes-vous suffisamment protégé·es ?
Alors que faire ?
Vos élu·es sont régulièrement interrogé·es et destinataires d’alertes concernant l’exposition des personnels de laboratoire aux risques chimiques. Ils et elles exigent la mise en œuvre d’une véritable politique de prévention pour améliorer la sécurité des personnels et des usager·es à la fois de prévention secondaire qui réduit l’exposition mais également et surtout de prévention primaire qui doit supprimer l’exposition !
→ L’information et la formation des personnels
Une formation à la sécurité obligatoire et régulière doit être accessible et renforcée pour les agent·es. Ainsi, une formation des TFR TFR Technicien de formation et de recherche Labo de 3 jours a été mise en place à l’ENSFEA en décembre 2025. Une trentaine d’agent·es titulaires comme contractuel·les ont participé. Cette formation n’avait pas eu lieu depuis 2015 !
Une notice de poste de travail doit informer les personnels sur les risques auxquels ils.elles sont exposé.e.s et les moyens de protection correspondant. Le SNETAP-FSU poursuit également son combat pour la mise en place d’un groupe de travail qui permettrait l’élaboration d’une note de service propre au MAASA sur la prévention du risque chimique dans les laboratoires de l’enseignement agricole ainsi que dans les ateliers technologiques et les exploitations agricoles.
→ Des équipements de protection individuelle et collective (EPI et C)
Les EPC doivent être en parfait état de fonctionnement et contrôlés régulièrement. La fourniture et l’entretien des EPI est une obligation de l’employeur.
→ Des espaces de travail sécurisés et aérés
Le stockage, la manipulation et le transport des produits doivent se faire sans risque, dans des espaces dédiés et sécurisés. La qualité de l’air doit être contrôlée.
→ Une surveillance médicale renforcée
Pour tous ces personnels, la périodicité de leur visite médicale par un médecin du travail est de 4 ans avec une visite intermédiaire obligatoire. De plus, un suivi médical post-professionnel est mis en place pour les agent·es de l’État exposés à un agent CMR. Depuis 2024 la réglementation impose à l’employeur d’établir la traçabilité de l’exposition des travailleur·euses aux CMR, via une liste des travailleur·euses susceptibles d’être exposé·es à ces agents chimiques.
→ L’obligation de substitution des CMR
La substitution d’un produit CMR par un produit moins dangereux est obligatoire ! Lorsque la substitution du produit CMR n’est pas possible, alors son utilisation doit se faire dans un système clos. Cette mesure peut être un frein à l’utilisation persistante par certain·es enseignant·es de produits dangereux ou des CMR.
Pour toutes ces actions, les Commissions d’Hygiène et Sécurité (CoHS
CoHS
Commission d’Hygiène et de Sécurité
) et les Formations Spécialisées Santé Sécurité et Conditions de Travail (F3SCT) ont un rôle majeur à tenir pour porter ces revendications. Au niveau du service public de l’Éducation (Éducation Nationale, enseignement agricole et maritime), le SNETAP et le SNASUB unissent leurs forces pour une action fédérale et un plan « Zéro CMR » dans les collèges et lycées !

