Témoignage de Julie BESANCON LARCHER, AED au LEGTA
LEGTA
Lycée d’Enseignement Général et Technologique Agricole
de Brie (77) à l’occasion de la journée de la précarité dans la fonction publique le mardi 23 juin 2026 organisé par l’Elan Commun.
Engagée au SNETAP-FSU
FSU
Fédération Syndicale Unitaire
depuis un an pour défendre le métier d’AED et faire respecter nos droits, je souhaite partager avec vous le contenu de notre dialogue avec le cabinet du ministère de l’agriculture. Au sein de notre délégation composée de différent•es agent•es contractuel•les qui comme nous subissent la précarité (enseignant•es contractuels, TFR
TFR
Technicien de formation et de recherche
contractuel•les, AESH
AESH
Accompagnant des élèves en situation de handicap.
, agent•es contractuel•les des SIVEP (service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire aux frontières), ACB des CFA
CFA
Centre de Formation d’Apprentis
-CFPPA
CFPPA
Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole
(formation continue pour adultes)
, chacun•e aura pu faire part de son quotidien précaire dans ses missions.
Voici les éléments que j’ai évoqués durant la journée de la précarité pour mettre en avant toutes les revendications en lien avec le sujet du jour.
Précarité et mépris
C’est la première association qui me vient à l’idée. Un mépris lié notamment à la non application de la revalorisation triennale, qui nous revient de droit. Pas de carrière, pas d’accès à la formation, pas de grille indiciaire...c’est ça le mépris...la précarité.
Précarité et pourtant, on entend souvent « Sans vous les AED rien ne serait possible, le lycée serait fermé. »
Nous, les AED nous sommes : des personnels en 1ère ligne au quotidien travaillant 10 h voir 14 h par jour pour les collègues présents de nuit. Ah, le Scandale des heures de nuit avec le forfait 3 heures ! Nous accompagnons des élèves en situation de handicap ou et à besoins particuliers de plus en plus nombreux chaque rentrée mais aussi des élèves en détresse la nuit ou en journée (tentative de suicide, crise d’angoisses, stress, phobies scolaires). Nous sommes les premiers interlocuteurs des parents au téléphone ou au portail...parfois en insécurité tant le contexte social est parfois tendu.
Alors Pourquoi suis-je AED ?
Malgré la pression constante, ce métier est un métier passionnant, fait d’engagement au quotidien dans l’accompagnement de nos jeunes en devenir. Pourtant, nos collègues disent : « J’aime ce métier mais je suis contraint•e de le quitter car j’ai l’impression de ne jamais être entendu•e ». Pourtant, nombreux•ses disent qu’ils et elles aimeraient que cela devienne un vrai métier à long terme.
La précarité, elle est aussi due au bricolage, au casse-tête des emplois du temps. Des emplois du temps impossibles à réaliser en respectant le droit du travail, soumis à la pression hiérarchique et administrative. Le prix à payer de cette précarité ? Les AED sont souvent plongés dans une détresse liée à un changement de quotité de travail imposée, ou à des changements d’EDT en cours d’année ou chaque année. Mais aussi parce que certains directeurs refusent notre CDISATION (pour nous laisser encore plus précaires ? ).
Réduire et supprimer cette précarité ? CHICHE !
Il faut immédiatement la revalorisation triennale pour les AED en CDI
CDI
Contrat à durée indéterminée
ou
Centre de documentation et d’information
et le plus rapidement possible. Qu’attendons-nous ?
Il faut un statut de fonctionnaire.
Il faut des dotations supplémentaires pour pouvoir travailler dans des bonnes conditions.



