Snetap-FSU

Syndicat National de l’Enseignement Technique Agricole Public - Fédération Syndicale Unitaire

Accueil > Les Dossiers > Pédagogie > Réformes du lycée > Réforme de la voie professionnelle > Rénovation de la voie professionnelle : le changement, c’est toujours pas (...)

Rénovation de la voie professionnelle : le changement, c’est toujours pas pour maintenant !

vendredi 16 mai 2014

Enregistrer au format PDF

Datée du 5 mai dernier, est sortie la nouvelle note de service relative aux dispositifs d’individualisation des parcours de formation des élèves scolarisés en établissements d’enseignement agricole pour l’année scolaire 2014-2015.
Le SNETAP-FSU FSU Fédération Syndicale Unitaire la conteste à deux niveaux.

Sur la forme : les sous-directeurs passent et le dialogue social trépasse !

Alors que l’année dernière, la DGER DGER Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche avait adressé aux organisations syndicales représentatives des personnels de l’EAP EAP Enseignement Agricole Public
ou
Emploi d’avenir professeur
le projet de la note de service avant sa publication pour lui permettre d’apporter ses remarques et propositions d’amendements, cette année, la note de service a été publiée sans aucune concertation préalable ni possibilité d’exprimer nos remarques sur le projet.

Si pour la DGER, le groupe de travail qui s’était tenu le 1er avril dernier constituait peut-être ce dialogue social - une farce ou un poisson -, le SNETAP-FSU FSU Fédération Syndicale Unitaire considère que ce passage en force de la note de service constitue un nouveau coup de cutter au dialogue social qui devrait être la méthode de travail la plus pertinente car au service des usagers et des personnels. Assurément cette première note de service majeure portée par la sous-direction des politiques de formation et d’éducation, dirigée depuis deux mois par Michel LEVEQUE, constitue un déni du dialogue social et confirme la méthode de travail à la hussarde de la DGER et son mépris pour les organisations représentatives des personnels !

Le SNETAP-FSU estime également que cette note de service constitue sur le fond un déni de réalité face à l’échec de la voie professionnelle 3 ans.

Sur le fond : circulez, il n’y a rien à voir !

« Jusqu’ici, tout va bien, jusqu’ici tout va bien ! ». À travers cette note de service qui reconduit à l’identique l’intégralité des dispositifs d’individualisation – dont on peut douter de l’efficacité au regard des résultats obtenus lors des deux premières promotions du Bac Pro 3 ans -, la DGER s’enferre dans le déni et refuse de voir la réalité de l’échec de la rénovation...tout comme elle refuse de voir l’échec de jeunes toujours plus nombreux ... La méthode Coué constitue aujourd’hui la seule réponse de la DGER aux interrogations des personnels et des usagers, alors même que des pistes d’améliorations existent comme le montre le courrier adressé au Ministre de l’Agriculture par le SNETAP-FSU et la FCPE FCPE Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques , mais resté jusque là sans réponse !

Tout au plus, concède-t-elle à demi-mots le résultat catastrophique de la RVP RVP Rénovation de la voie professionnelle à travers la reconnaissance de grandes difficultés des bacheliers issus de la voie professionnelle 3 ans en première année de BTSA BTSA Brevet de Technicien Supérieur Agricole  ! Mais, ce constat ne l’amène qu’à annoncer l’extension du dispositif de l’accompagnement individualisé (AI) à ces bacheliers inscrits dans le supérieur court ! Tout en indiquant – mais faut-il l’écrire – que l’enveloppe budgétaire sera identique à celle de cette année....soit faire plus avec moins !

Autre changement majeur – en terme de pilotage budgétaire et de transparence financière sans doute – c’est l’apparition de tableaux à remplir par les équipes pédagogiques pour justifier des HSE HSE Heures supplémentaires effectives . Pédagogie, avez-vous dit ?

Enfin, the last but not the least, la DGER accorde quelques lignes à un dispositif d’individualisation particulier : la classe spécifique. En quelques mots, elle mentionne l’existence réglementaire de ce dispositif « exceptionnel »....et aussitôt, rappelle aux équipes qu’il existe en fait un autre dispositif d’individualisation possible dans la voie professionnelle : le CAPA CAPA Certificat d’Aptitude Professionnelle Agricole

Commission Administrative Paritaire Académique
  !!!!!!! qui permettra un parcours en 4 voire 5 ans pour des élèves issus de la classe de seconde professionnelle.

Ainsi, à partir de cette note de service, la DGER donne une orientation pluriannuelle et invite les équipes pédagogiques et les établissements à développer leur carte de formation pour la création de filière de niveau V (CAPA) notamment pour permettre à des jeunes en difficulté de poursuivre leur scolarité et obtenir un diplôme de niveau V avant de poursuivre leurs études pour l’obtention du baccalauréat professionnel, diplôme de niveau IV.

Le SNETAP-FSU ne peut que se réjouir de cette proposition proprement décoiffante (si ça c’est pas de l’ingénierie pédagogique innovante) et invite la DGER à mandater les DRAAF DRAAF Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt pour d’une part, qu’elles informent largement les établissements sur la généralisation d’ouvertures de classes de CAPA adossés à l’ensemble de nos filières Bac pro dès la rentrée 2015 et d’autre part, qu’elles prennent en compte ces ouvertures massives dans leur dialogue de gestion et leur collaboration avec les conseils régionaux, désormais co-décideurs de la carte des formations professionnelle dans la formation initiale... sur fond de pénurie budgetaire retrouvée (mais chut, ça c’est une autre histoire) !

Si la réussite scolaire de plusieurs dizaines de jeunes scolarisés n’était pas l’enjeu de ce document, cette note de service constituerait sans doute l’une des plus étonnantes et irréelles notes de service que l’enseignement agricole ait connu...malheureusement, il faut plutôt y voir le cynisme de l’institution qui atteint des sommets face à un déni de réalité !