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Syndicat National de l’Enseignement Technique Agricole Public

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Rénovation et repositionnement du BAC PRO spécialité Laboratoire, Contrôle, Qualité (rentrée scolaire 2028)

C’est l’essence même du diplôme qui est en danger !

mardi 16 juin 2026

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Depuis février 2024, suite aux remontées de terrain des collègues et des professionnel·les, le secteur Pédagogie et Vie scolaire a alerté l’administration à plusieurs reprises. Nos nombreuses sollicitations sont restées lettres mortes jusqu’en mars 2026.

Le mardi 5 mai 2026, une délégation a enfin rencontré la Conseillère en charge de l’enseignement du cabinet de la Ministre accompagnée du sous-directeur des politiques de formation et d’éducation de la DGER DGER Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche pour lui faire part de ses plus vives inquiétudes concernant la réforme de la spécialité du BAC PRO LCQ qui va laisser de côté tout un champ professionnel hier couvert par le diplôme, réitérer son opposition ferme à ce repositionnement du diplôme et demander un moratoire sur la réponse à apporter à ce besoin de formation.
Du côté de la Conseillère, la décision était assumée.

Fin mai, nous avons directement interpellé la Ministre en exigeant un vrai débat national de fond et en sollicitant une audience. Notre courrier est resté lettre morte !

Le jeudi 4 juin 2026, la section locale du SNETAP-FSU FSU Fédération Syndicale Unitaire de l’EPL EPL Établissement Public Local des Sardières de Bourg-en-Bresse a interpellé la conseillère en charge de l’enseignement du cabinet de la Ministre lors de sa venue dans l’établissement. Ses représentant·es ont exprimé leur inquiétude quant au référentiel de formation en soulignant qu’afin de ne pas mettre en difficulté les lycées possédant le BAC PRO PIPAC et le BAC PRO LCQ, il serait nécessaire que ce référentiel du nouveau BAC PRO LCQ soit bien distinct de celui du BAC PRO PIPAC. La conseillère leur a assuré·es que le projet de référentiel provisoire était encore en discussion et que la dimension "labo" était nécessaire et avait été prise en compte.

SURPRISE ! Mais quel mépris aussi ! Le 2 juin 2026, la Note de service relative à la mise en consultation du projet de référentiel de la spécialité « BIOTECH » du baccalauréat professionnel et à la précision sur le contexte de cette rénovation, issue de la spécialité « Laboratoire Contrôle Qualité » a été publiée. Les équipes pédagogiques sont invitées à transmettre leurs remarques jusqu’au 25 septembre 2026.

Un repositionnement qui ne nous convainc pas … et un renoncement de notre Ministère

Aux dires de l’administration …

La rénovation du baccalauréat professionnel spécialité « laboratoire, contrôle, qualité (LCQ) » s’inscrit dans le cadre de rénovation des certifications professionnelles régies par le Vademecum de France Compétences. Dans ce cadre, il s’agit de s’assurer de la pertinence des compétences attestées et de l’insertion professionnelle du diplôme.

L’actuelle organisation avec la mise en place d’une centaine de classes à double tête BAC PRO LCQ et PIPAC engendrant des difficultés qui découlent des rénovations récentes des BAC PRO relevant de l’enseignement agricole et des évolutions organisationnelles (emplois du temps incompatibles avec des grilles horaires divergentes et une organisation sur le cycle terminal différencié), pédagogiques et évaluatives (tronc commun géré différemment selon les référentiels avec approche capacitaire non intégrée dans le PIPAC, évaluations incompatibles pour les disciplines générales) a été le contexte de la réflexion sur le repositionnement du diplôme.
Cette décision du nouveau projet prise en plein accord avec l’Éducation nationale va renforcer la lisibilité des parcours pour les élèves et leurs familles et améliorer les conditions de formation et de gestion des établissements en ouvrant le champ
d’application de ce bac pro aux secteurs pharmaceutique et cosmétique, en complément du secteur agroalimentaire.

Ce nouveau bac pro, dont l’intitulé provisoire est « BIOTECH » recouvrira les trois secteurs et permettra aux apprenant·es d’acquérir des compétences en production et en contrôle qualité. Cette nouvelle offre de formation permettra aux établissements de se positionner soit sur un parcours ‘’agroalimentaire’’, soit sur un parcours ‘’pharmaceutique et cosmétique’’, ou un parcours mixte s’appuyant sur ces trois secteurs. Le parcours ‘’pharmaceutique et cosmétique’’ peut s’appuyer largement sur les laboratoires scientifiques des établissements.

Ce projet :

  • va répondre aux enjeux des politiques publiques agricoles, notamment en lien sur la nécessité de répondre aux besoins des professionnel·les dans le secteur des industries de l’agroalimentaire ;
  • va consolider l’attractivité de l’offre de formation en intégrant les supports de la pharmaceutique et de la cosmétique ;
  • va assurer une poursuite d’études en BTSA BTSA Brevet de Technicien Supérieur Agricole BIOQUALIM ou ANABIOTEC et une articulation avec le Bachelor agro ;
  • va s’inscrire pleinement dans la logique désormais reconnue des bacs pros rénovés de l’enseignement agricole, avec notamment une formation axée sur une approche pragmatique et une mise en avant des compétences psychosociales, qui favorisent la réussite scolaire et une insertion professionnelle réussie ;
  • va permettre aux établissements d’enseignement agricole une approche et une valorisation adaptée au contexte local et aux équipements dont il dispose.

Une véritable révolution pédagogique inattendue, brutale, décidée sans concertation et la création d’un nouveau diplôme

La réforme de cette spécialité va laisser de côté tout un champ professionnel hier couvert par le diplôme. Avec le repositionnement du BAC PRO LCQ ouvrant son champ d’application aux secteurs pharmaceutique et cosmétique, en complément du secteur agroalimentaire, cette réforme ne permet pas de couvrir l’ensemble des secteurs concernés par le laboratoire et le contrôle qualité qui recrutent actuellement nos élèves : santé animale et végétale, environnement, production agricole, enseignement, recherche, aéronautique, chimie, pétrochimie, textile, plasturgie, BTP. Ces secteurs ne seront plus alimentés en professionnel·es compétent·es. Le Ministère se dit pourtant concerné par ces thématiques et y être attaché en communiquant activement sur ces missions.

Cette réforme, aux contours très restrictifs, va à l’encontre de ce qu’il souhaite mettre en oeuvre, de ses ambitions clairement affichées et est à rebours des enjeux sociétaux et écologiques. Le BAC PRO LCQ permet aussi une formation scientifique solide avec des perspectives de poursuite d’études vers différents BTS BTS Brevet de technicien supérieur . Avec ce nouveau diplôme, le BTSA ANABIOTECH se verra privé d’un vivier issu de l’Enseignement agricole. Ce nouveau BAC PRO va inévitablement entrer en concurrence avec le BAC PRO production en industrie pharmaceutique, alimentaire ou cosmétique (PIPAC), cosigné en 2023 par le MAASA. Alors que les formations en agroalimentaire ne recrutent pas ou très peu en voie initiale, le problème de l’attractivité est un enjeu majeur.

La résignation ne sera pas de mise !

Fort de son mandat d’opposition ferme à ce repositionnement de diplôme, le secteur Pédagogie et Vie Scolaire a décidé de faire une remontée commune à partir des retours concertés des équipes concernées.

Une mobilisation forte et réelle des équipes concernées (avec un appel de rassemblement devant la DGER) sera également primordiale à la rentrée scolaire prochaine.