Dans le cadre du Salon International de l’Agriculture, le 25 février 2026, le SNETAP-FSU FSU Fédération Syndicale Unitaire était invité à participer à la présentation du rapport 2026 de Terre de liens “Agriculture et alimentation, une faim de démocratie locale”.
Un rapport qui s’inscrit dans la perspective des élections municipales, avec un slogan “La seule campagne qui compte, c’est celle qui nous nourrit”. Les propos liminaires ont mis l’accent sur le rôle des “territoires à l’heure des choix alimentaires”.
Tour à tour les intervenant·es : une maraîchère conseillère municipale en Ile de France, une chercheuse en géographie de VetAgro Sup Clermont, un chargé de mission transitions énergétiques et alimentaires du Multipôle Nancy Sud Lorraine, une porte-parole de Terre de liens ont montré le rôle des collectivités, les leviers mobilisables et les différentes échelles pour parvenir à reprendre la main sur l’agriculture, les terres agricoles et sur l’alimentation. Le soutien nécessaire aux pratiques agricoles vertueuses a été souligné.
Il a aussi été question de démocratie alimentaire dans les territoires encore freinés par des verrous : modèle agricole dominant hérité d’une politique agricole et commerciale des années 50, instances et acteur·trices agricoles majoritairement aux mains des représentant·es du modèle agro-industriel …
Enfin il a été montré l’intérêt des coopérations au-delà de l’action locale avec une articulation du local au régional, notamment au travers du réseau des fermes publiques et des PAT (Projets Alimentaires Territoriaux), des leviers à plus et mieux mobiliser.
Intervention du SNETAP-FSU : contraste avec le discours d’inauguration de la ministre
Dans son intervention depuis la salle, le SNETAP-FSU n’a pas manqué de saluer la qualité et l’intérêt des propos tenus par les intervenant·es qui résonnent à l’opposé de ceux du discours d’inauguration par la ministre de l’agriculture en ouverture du salon.
Le SNETAP-FSU a dénoncé les propos méprisants pour les paysan·nes qui pratiquent une agriculture familiale, celle-ci étant mise au ban et considérée comme inadaptée. Il a également dénoncé le sursaut agricole productiviste industriel et technologique prôné par la ministre.
Propos jugés violents, injurieux et incohérents : loi Duplomb, “grand réveil”, “gras réglementaire”
A propos de ce discours, le SNETAP-FSU dénonce des propos violents et injurieux pour les partisan·es d’un autre modèle agricole, celui qui nourrit bien, protège le vivant, des partisan·es qui sont traité·es “d’apprenti·es sorcier·es de la décroissance” ou bien de bobos hermétiques “nous en avons soupé trop longtemps d’un boboïsme hermétique …”.
Ce discours est introduit par des mots qui donnent la recette du redressement et par des marques nostalgiques d’une agriculture hier conquérante et productive et aujourd’hui où “elle voit surgir le spectre de la “désagriculture” véhiculée par le discours d’irresponsables” !
Le SNETAP-FSU conteste vivement les paroles de la Ministre, truffées d’incohérences économiques, qui appelle au “grand réveil alimentaire”, au sursaut productif avec toutes les levées d’entraves possibles et permises par la loi Duplomb, avec des simplifications européennes car “l’Union européenne se laisse aller : elle prend du gras réglementaire”.
EPLEFPA EPLEFPA Établissement Public Local d’Enseignement et de Formation Professionnelle Agricole , espaces tests, SSA et PAT : le rôle territorial à renforcer
C’est bien à l’opposé des propos tenus lors de cette conférence par Terre de Liens où toutes les questions du renouvellement des générations de paysan·nes, de la transmission, du foncier, de la qualité alimentaire, de la démocratie alimentaire ont fait sens pour le SNETAP-FSU contrairement aux 3 mots d’ordre de la ministre “production, réindustrialisation, compétitivité”.
Le SNETAP-FSU a aussi mis en avant le rôle des EPLEFPA et de tous ses centres constitutifs comme acteurs locaux et territoriaux importants, ses mandats pour faire valoir l’ouverture d’espaces tests dans les exploitations agricoles des lycées agricoles publics, promus par la loi d’avenir agricole LOSARGA ou encore le mandat pour une Sécurité Sociale de l’Alimentation. Enfin, il a regretté que pour des raisons internes et externes, les EPL EPL Établissement Public Local ne soient pas systématiquement acteurs dans les PAT.


